| Dernière mise à jour le : 18 septembre 2008 |
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* En anglais
L'obésité est aujourd'hui qualifiée de pandémie, sa prévalence et sa sévérité augmentant à une vitesse alarmante dans le monde entier, chez l'adulte comme chez l'enfant. Cette inflation de l'obésité est plus particulièrement nette dans les pays où règne la société de consommation, notamment en Europe où l'obésité est devenue le trouble nutritionnel prédominant chez l'enfant et un problème de santé publique majeur. Les enfants obèses deviendront le plus souvent des adultes obèses, qui auront toutes les chances de développer des maladies aiguës et chroniques, et de voir leur espérance de vie réduite, de même que leurs ressources financières. Le traitement et la prévention de l'obésité infantile ont été élevés au rang de priorités en Europe. Toutefois, le traitement de l'obésité coûte cher. L'efficacité des options thérapeutiques existantes est limitée sur le long terme, en dépit de la somme d'efforts déployés, et le rapport coût-bénéfice des traitements classiques est très loin d'être satisfaisant. Par conséquent, le développement de stratégies de prévention primaire efficaces est du plus grand intérêt. Une prévention précoce est capitale car l'obésité infantile n'est pas sans avoir de lourdes conséquences à court et moyen terme, dans l'enfance comme au cours de l'adolescence, ainsi qu'à l'âge adulte où ses effets à long terme ne manquent pas de se manifester. Généralement, l'enfant obèse connaît une détresse psychosociale sévère et est la victime d'une discrimination considérable. Parvenu à l'âge adulte, l'échec scolaire qui, plus souvent que pour ses contemporains, a marqué ses jeunes années, compromet sa situation économique et professionnelle ; en outre, il connaît rarement la stabilité dans ses relations affectives. Sur le plan médical, chez l'enfant et l'adolescent, l'obésité se complique d'effets pervers sur les facteurs de risque cardiovasculaire que sont la dyslipidémie, l'hypertension artérielle, le statut vitaminique et antioxydant et l'intolérance au glucose. L'obésité joue un rôle crucial dans la forte augmentation du diabète sucré non insulino-dépendant que l'on constate à l'adolescence. Il est fréquent que l'obésité infantile persiste à l'âge adulte, et elle alors associée à une morbi-mortalité très supérieure à la moyenne et son coût pour la société devient exorbitant. Le risque d'obésité de chaque individu est tributaire de l'existence d'une prédisposition génétique et de son mode
de vie, en particulier du niveau d'activité physique et des habitudes alimentaires. Dans les premières années de la vie, les facteurs
nutritionnels peuvent moduler le risque de voir s'installer plus tard une obésité, selon un mécanisme appelé "programmation
métabolique", ou encore "imprégnation métabolique". L'expérimentation animale a montré qu'une manipulation
nutritionnelle à la période périnatale, notamment une modification de l'apport en protéines, a des effets durables sur
le poids corporel de l'animal adulte. Dans l'espèce humaine, les études semblent indiquer que la sous-nutrition maternelle au cours du
dernier trimestre de la grossesse, ou pendant les premiers mois de la vie, est associée à une fréquence significativement moindre
de l'obésité chez leurs enfants lorsque ceux-ci sont devenus de jeunes adultes. Le Programme Européen de recherche sur l'obésité infantile (EU Childhood Obesity Programme), qui s'attachera à vérifier l'hypothèse de "l'apport protéique précoce", pourrait ainsi ouvrir la voie à une meilleure prévention de l'obésité et à une éducation plus appropriée des parents grâce à des conseils mieux adaptés, ainsi qu'au développement de produits alimentaires pour le premier âge d'une plus grande qualité nutritionnelle. Pr. Berthold Koletzko, Pédiatre
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