Dernière mise à jour le : 18 septembre 2008 

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ETUDES PROSPECTIVES

Génétique et nutrition : questions clés au Dr Daniel RICQUIER
(Directeur du Centre de Recherche sur l'Endocrinologie Moléculaire et le Développement (CEREMOD), Membre du Conseil de l'Institut Danone)

Tout d'abord quelle est la relation entre la génétique et la Nutrition ?

La Nutrition est l'ensemble des processus rassemblant le comportement alimentaire et l'utilisation des nutriments par notre organisme. Le fonctionnement de l'ensemble dépend de l'environnement (disponibilité des aliments, facteurs sociaux et culturels…) et de l'adaptation de l'individu à cet environnement. Dans cette adaptation, les facteurs génétiques jouent un rôle démontré. Par exemple, il a été mis en évidence que certaines obésités peuvent être d'origine génétique, de même que certaines hypercholestérolémies.

Par ailleurs, le patrimoine génétique conditionne en partie les réactions aux traitements diététiques et médicamenteux des individus atteints de pathologies nutritionnelles. Par exemple, la perte de poids résultant d'une réduction des apports énérgétiques est indiscutablement influencée par le polymorphisme génétique des sujets obèses. De même, la baisse du taux de LDL-cholestérol sous l'effet de mesures hygiéno-diététiques est conditionnée par le capital génétique des malades.

Comment agissent nos gènes ?

Nos gènes agissent à trois niveaux.
Le premier niveau est celui du comportement alimentaire. Nos gènes modulent l'activité de certains neurones qui déclenchent le signal de la faim. Ces neurones agissent en libérant des signaux sous forme de peptides qui interagissent avec des récepteurs spécifiques présents sur d'autres neurones. La résultante est l'activation de l'appétit.
Mais nos gènes ne sont pas les seuls impliqués comme il a déjà été dit, il ne faut pas négliger le rôle de l'environnement qui est également un facteur déterminant du comportement alimentaire.
Le deuxième niveau est celui de la digestion. Il existe dans notre organisme une enzyme appelée lipase dont le rôle est d'hydrolyser les graisses avant leur absorption par les cellules intestinales et leur passage dans le sang. Il en est de même pour les glucides et les protides qui sont digérés par les hydrolases et les protéases. Si l'enzyme est défectueuse, le fonctionnement de l'organisme est alors déréglé et la digestion des molécules ne se fait plus correctement.
Enfin, le troisième niveau est celui du métabolisme. Lorsque un nutriment passe dans le sang, il est métabolisé, pénètre dans les cellules et peut alors être stocké ou oxydé, c'est à dire être transformé en énergie. Si l'activité de stockage est supérieure à celle d'oxydation, les nutriments, par exemple les graisses seront accumulées dans l'organisme. L'équilibre entre le stockage et l'oxydation dépend de l'apport en nutriments, du niveau d'activité physique et aussi des gènes impliqués dans le métabolisme. Une mutation dans ces derniers peut entraîner un déréglement du métabolisme.

Comment peut-on identifier les gènes responsables de telle ou telle pathologie ?

Deux stratégies sont possibles.
La première est celle du gène candidat. Cette stratégie consiste à mener des études sur un gène X connu et de voir pour une population présentant une pathologie spécifique si ce gène est présent, absent ou s'il présente une mutation. Il faut savoir, qu'actuellement, plusieurs centaines de gènes impliqués dans la nutrition ont été identifiés. A partir de ces résultats, on peut déterminer le rôle qu'il peut jouer dans l'apparition d'une maladie.
La seconde stratégie est celle du clonage positionnel consistant à étudier les gènes d'un individu et à repérer les mutations.

Aujourd'hui, de nombreuses équipes de recherche mènent d'importants travaux pour mieux comprendre la génétique et ainsi identifier les gènes responsables de maladies. Si certains résultats ont déjà pu être mis à jour, le domaine de la nutrition recèle encore de nombreux secrets sur lesquels les chercheurs seront amenés à se mobiliser durant plusieurs années.

Peut-on être plus précis et donner 2 exemples pour chacune des stratégies ?

Dans le cas de la stratégie des gènes candidats, il a été démontré que les gènes de certains récepteurs de neuropeptides étaient impliqués (gène du récepteur MC4, gène du récepteur de la leptine).
Dans le cas de la stratégie du clonage positionnel, les recherches ont abouti à l'identification du gène Ob ou gène de la leptine. La leptine est un peptide sécrété par le tissu adipeux, qui agit sur le cerveau et inhibe la prise alimentaire

 

 
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