|
TRAVAUX PRIMES
 |
PHYSIOLOGIE ET METABOLISME |
"Les motifs de réponse
du système nerveux autonome traduits en émotions de base
: application au choix des produits lactés"
Ouafae ALAOUI-ISMAILI (Université
Claude Bernard, Villeurbanne)
Prix de Projet de Recherche Alimentation et Santé 1995
Le choix des aliments résulte d'un mécanisme complexe
faisant intervenir une multitude de facteurs d'ordre individuel, culturel
et sociologique. L'importance des facteurs physiologiques dans ce processus
est encore mal connu.
On sait que la perception des odeurs,
bien plus que celle des saveurs, est déterminante dans le comportement
de prise alimentaire. Elle induit des émotions qui peuvent être
décrites à partir de 6 émotions de base qui sont
la joie, la colère, la peur, la tristesse, le dégoût
ou la surprise. La perception des odeurs induit aussi des réactions
neurovégétatives, notamment au niveau de la peau, du système
cardiaque et du système circulatoire. Existe-t-il une relation
entre ces signaux neurovégétatifs et les émotions
de base induites par la perception des odeurs ? C'est ce que c'est proposer
d'étudier Ouafae Alaoui-Ismaili.
Pour mener à bien son étude,
Ouafae Alaoui-Ismaili a recueilli les déclarations verbales ayant
trait aux émotions chez des sujets auxquels étaient proposés
divers aliments ; elle a mesuré simultanément chez ces
mêmes sujets 6 paramètres révélateurs de
réactions neurovégétatives (fréquence cardiaque
et respiratoires ; température, irrigation sanguine, résistance
et potentiel þcutanés). Elle a ensuite comparé les
réponses verbales et les réponses neurovégétatives
pour tenter de transcrire les réponses neurovégétatives
en émotion de base.
Dans un premier temps, Ouafae Alaoui-Ismaili
a comparé les réponses verbales et neurovégétatives
induites par le flairage des divers corps purs. Il est apparu, pour
les odeurs agréables (vanille, menthol) que les réponses
verbales sont en accord avec les réponses neurovégétatives,
qui traduisent la joie ou la surprise. En revanche, pour les odeurs
désagréables (acide propionique, acide butyrique) les
sujets verbalisent majoritairement le dégoût alors que
les signaux neurovégétatifs traduisent la colère.
Enfin, pour l'eugénol (utilisé en art dentaire), il y
a concordance ou discordance entre réponses verbales et réponses
neurovégétatives selon les sujets, en fonction de leur
vécu, donc du contenu de leur mémoire affective. L'ensemble
de ces résultats suggèrent que les réponses neurovégétatives
sont un bon indicateur de la connotation affective des odeurs.
Dans la seconde partie de son travail,
Ouafae Alaoui Ismaili a comparé les effets du flairage de corps
purs odorants et ceux de la dégustation (mise en bouche) de yaourts
aromatisés avec ces mêmes composés. Les premiers
résultats font apparaître chez certains sujets une certaine
déconnexion entre flairage et dégustation, les réponses
neurovégétatives au flairage n'étant pas retrouvées
pour la dégustation. Ces mêmes sujets manifestent une préférence
marquée pour les saveurs lactées jugées agréables.
D'autres caractéristiques sont en cours d'étude.
|