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TRAVAUX PRIMES
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DIGESTION ET ABSORPTION |
"Rôle protecteur des
bactéries de la flore intestinale du jeune enfant sur la susceptibilité
de la muqueuse intestinale à l'effet de l'entérotoxine
thermolabile d'Escherichia coli : importance de la tolérance
aux protéines alimentaires"
Valérie GABORIAU-ROUTHIAU
(INRA, Jouy-en-Josas)
Prix de Projet de Recherche Alimentation et Santé 1995
On recense chaque année chez
les nourrissons plusieurs millions d'épisodes diarrhéiques.
Ces derniers, lorsqu'ils se prolongent, constituent un facteur important
de malnutrition, notamment dans les pays en voie de développement.
On soupçonne aujourd'hui que les diarrhées persistantes
n'auraient pas comme seule origine un facteur infectieux (bactérie
pathogène ou virus) mais aussi un facteur allergique, lié
à la perte de tolérance orale, un phénomène
qui permet chez le sujet sain de supprimer les réponses immunitaires
envers les protéines alimentaires. L'établissement et
le maintien de la tolérance orale revêtent une importance
capitale chez le nourrisson en période de sevrage, lorsqu'il
est amené à absorber de nouvelles protéines.
La tolérance orale peut être
perturbée par des bactéries de la flore intestinale responsable
de diarrhées. Ainsi, il a été démontré
chez la souris que certaines souches d'Escherichia coli fabriquent une
entéroxine thermolabile (toxine LT) qui empêche l'établissement
de la tolérance orale ; par ailleurs, on a observé chez
la souris que la microflore intestinale peut exercer un effet protecteur
envers l'effet de la toxine LT sur la tolérance orale.
L'objectif du travail proposé
par Valérie Gaboriau-Routhiau était de déterminer
quelles souches bactériennes de la microflore intestinale humaine
sont responsables de l'effet protecteur envers l'effet de la toxine
LT et d'essayer de comprendre leur mode d'action.
Pour réaliser ce travail, Valérie
Gaboriau-Routhiau a utilisé des souris chez lesquelles il a été
possible d'établir une microflore intestinale de nourrisson ou
d'homme adulte. Elle a ainsi montré que celles-ci ne reproduisent
pas l'effet protecteur envers l'effet de la toxine LT observé
avec la microflore de souris. Or, une différence majeure entre
la microflore intestinale de souris et celle de l'homme est la grande
richesse en lactobacilles de la microflore de souris. Afin de tester
un rôle protecteur éventuel des lactobacilles, des souris
hébergeant seulement cette bactérie dans leur tube digestif
sont actuellement en cours d'étude.
Par ailleurs, Valérie Gaboriau-Routhiau
a pu mettre en évidence que la microflore intestinale de souris
empêche l'augmentation de la perméabilité intestinale
induite par la toxine LT. Or, l'augmentation de la perméabilité
intestinale aux protéines alimentaires a déjà été
évoquée comme un facteur empêchant l'établissement
de la tolérance orale et favorisant ainsi les allergies alimentaires.
Il apparaît ainsi que la microflore intestinale pourrait exercer
son effet protecteur sur la tolérance orale en limitant la perméabilité
intestinale aux protéines alimentaires.
Si cette étude confirme que les
lactobacilles sont impliqués dans un effet bénéfique
sur l'individu, elle pourrait constituer un argument scientifique en
faveur de l'utilisation des laits fermentés par de telles bactéries
en nutrition infantile, spécialement pour le traitement d'épisodes
diarrhéiques, voire pour prévenir certains types de diarrhées.
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