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TRAVAUX PRIMES
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ALIMENTATION ET NUTRITION |
"Comment améliorer
l'alimentation des prématurés ?"
Catherine LE STUNFF (INSERM, Paris)
Prix de Projet de Recherche Alimentation et Santé 1992
La médecine sauve maintenant de
plus en plus d'enfants nés dès la 23 ou 24ème semaine
de grossesse, notamment grâce aux progrès réalisés
dans le traitement des troubles respiratoires. Mais il reste encore
beaucoup de choses à découvrir en ce qui concerne le métabolisme
des bébés. On sait néanmoins que le sucre est très
utile, surtout pour la construction du cerveau. In utero, le foetus
en reçoit des apports continus alors qu'après sa naissance,
l'enfant est soumis à une alimentation lactée, plutôt
riche en graisse. Quant aux prématurés, ils sont nourris
par perfusion þpuis par sonde avec du lait maternel ou un lait
adapté, enrichi en protéines. On y ajoute du calcium et
du phosphore.
L'être humain utilise le glucose
de son alimentation ou le fabrique à partir des protéines.
C'est la gluconéogénèse. Ce mécanisme se
met en route à la naissance. Et pour éviter de dépenser
tout le stock de glucose, des produits de remplacement - les corps cétoniques
- sont fabriqués par l'organisme à partir des acides gras
dès que cela devient nécessaire. Ils sont utilisables
par le cerveau. Cette cétogénèse démarre
immédiatement chez les enfants nés à terme.
Catherine Le Stunff voulait savoir si
la cétogénèse commence aussi dès la naissance
chez les petits prématurés bien qu'ils ne disposent pratiquement
pas de réserves de graisse. Pour cela, elle a mesuré -
grâce à des marqueurs particuliers - les corps cétoniques
produits par leur organisme. Elle a ainsi montré que la cétogénèse
existe chez les prématurés. Mais, tout comme la glucogénèse,
elle n'est pas suffisante. Ces études ont aussi permis de découvrir
que, chez l'enfant né à terme et à jeun depuis
sept heures, la production de corps cétoniques est équivalente
à celle d'un adulte privé d'alimentation depuis trois
jours. On ne peut extrapoler sur la sensation de faim, mais qui sait
...
Ces travaux sont d'un intérêt primordial.
Ils sont uniques au monde. Certes, on ne peut en déduire des
applications pratiques immédiates concernant l'alimentation des
petits prématurés (faut-il les nourrir en continu, leur
donner une alimentation sans lipides ou leur perfuser des corps cétoniques
?). Mais ces résultats ouvrent un champ immense dans un domaine
d'une importance capitale, celui de la nutrition du cerveau au tout
début de la vie.
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