"Rôle
des acides gras polyinsaturés dans la diminution de l'activité
ostéoblastique au cours de la perte osseuse liée au vieillissement"
Anne-Catherine Maurin (INSERM,
Lyon.)
Prix de projet de Recherche Alimentation et santé 2000
Le vieillissement est l'une des causes
de l'ostéoporose (diminution de la masse osseuse et détérioration
de la microarchitecture osseuse prédisposant aux fractures, en
particulier au niveau du col du fémur). Les facteurs nutritionnels
(calcium des produits laitiers, vitamine D, protéines, mais aussi
graisses) interagissent avec les paramètres génétiques
et hormonaux et peuvent constituer des éléments de risque
ou de prévention de cette pathologie.
Au cours du vieillissement, le tissu
adipeux médullaire de l'os augmente alors que le tissu minéralisé
diminue, notamment par une baisse de l'activité ostéoblastique
(synthèse osseuse par les ostéoblastes). Anne-Catherine
Maurin a montré sur des cocultures de cellules osseuses et d'adipocytes
matures que la prolifération des ostéoblastes était
inhibée par la présence d'adipocytes, cet effet ne nécessitant
pas de contact entre les 2 types cellulaires. Ceci a conduit à
s'interroger sur l'implication de certains acides gras libérés
par les adipocytes, et il a été montré que certains
acides gras polyinsaturés (AGPI) induisaient spécifiquement
une inhibition de la prolifération des ostéoblastes in
vitro, sans avoir d'effet sur l'apoptose de ces cellules.
L'objectif des recherches d'Anne-Catherine
Maurin est d'étudier le mécanisme d'action des AGPI et
plus précisément de déterminer si ceux-ci agissent
via l'activation d'un récepteur nucléaire spécifique
des acides gras, le PPAR gamma (Peroxisome Proliferator Activated Receptor).
L'expression du PPAR gamma sera évaluée
par immunofluorescence et western-blot sur des cultures de cellules
osseuses. L'éventuelle activation du PPAR gamma dans les ostéoblastes
et son effet sur la prolifération ostéoblastique seront
étudiés en utilisant différentes approches : la
comparaison de l'effet des AGPI à ceux de ligands hautement spécifiques
du PPAR gamma ; le blocage de l'expression du PPAR gamma au niveau de
son ARN messager ; et des expériences de transfection des ostéoblastes
avec des constructions particulières.
L'hypothèse sera ensuite testée
in vivo chez le rat. Des analyses histologiques du tissu osseux seront
pratiquées après administration par voie alimentaire ou
intra-veineuse d'AGPI ou de ligands spécifiques du PPAR gamma.
Ce travail pourrait jeter un nouvel éclairage
sur le rôle des acides gras dans le métabolisme osseux,
et permettre d'optimiser les conseils nutritionnels pour la prévention
de l'ostéoporose liée au vieillissement.