"Evaluation
des relations familiales : apport de la thérapie familiale au
traitement des patientes anorexiques mentales"
Fabienne Perdereau
Prix de Projet de Recherche Alimentation et Santé 1999
La nécessité d'études
évaluant l'efficacité des thérapeutiques dans l'anorexie
mentale est une évidence clamée par de nombreux auteurs.
Certains projets ont été initiés à la fin
des années 80 par des équipes anglo-saxonnes, qui ont
dans ce but utilisé des instruments structurés et mis
en place des protocoles standardisés. De telles études
n'ont pas, à ce jour, été réalisées
en France.
Nous participons à un projet qui se propose d'évaluer
l'efficacité de l'adjonction systématique d'une thérapie
familiale à la prise en charge de patientes anorexiques, après
leur hospitalisation. Ce projet s'est heurté, lors de sa mise
en place, à la carence d'outils de mesure validés en langue
française, en particulier dans le domaine de l'"Expressed
Emotion" (E.E., l'Emotion Exprimée, dimension classiquement
utilisée dans les études de référence sur
le sujet). Aussi avons nous dû construire un projet dans le projet
initial : adapter en français, et valider, des instruments reconnus
internationalement mais non utilisés dans notre langue et dans
ce domaine.
Notre travail a donc porté, durant cette année, sur une
étape préliminaire indispensable à la réalisation
du projet global :
Nous former aux instruments de mesure de référence de
l'EE : FMSS, CFI, SCFI en langue anglaise, auprès des équipes
ayant déjà employé ces instruments,
Les adapter en français,
Estimer la faisabilité de leur utilisation dans le projet global.
Nous avons pu nous former à l'utilisation, puis effectuer la
traduction de deux de ces instruments à ce jour , la formation
au troisième étant prochaine.
Après accord du CCPRB pour l'utilisation de ces instruments auprès
de patients, le FMSS est apparu d'utilisation simple et facilement accepté
par les familles. Nous avons totalement rôdé notre pratique
le concernant.
Le CFI est moins maniable, et malgré ses qualités méthodologiques,
il pose la problème de l'alourdissement considérable de
notre évaluation. Néanmoins son utilisation nous apparaît
indispensable, car il constitue l'instrument de référence.
Nous espérons que le SCFI nous apportera une simplification des
procédures.
Au total, cette année nous a permis de réaliser la majorité
de nos objectifs : adapter en français des instruments de référence
de la mesure de l'EE, dimension dont l'intérêt en recherche
clinique n'est plus à faire.
Ce travail confirme donc l'intérêt de ces instrument et
l'opportunité de leur adaptation en français. Il comble
une lacune, pour le domaine dans lequel nous travaillons : la carence
en instruments adaptés en langue française, qui permettront
de réaliser des études pouvant être comparées
aux autres travaux internationaux.