PHYSIOLOGIE ET METABOLISME
ALIMENTATION ET NUTRITION
ALIMENTATION, NUTRITION ET DEVELOPPEMENT DE L'ENFANT
Mécanismes d’altération de la sensibilité à l’insuline
dans le muscle au cours de la sédentarisation : implication des capacités
oxydatives mitochondriales
Virginie RIMBERT (Laboratoire
de Nutrition Humaine, Clermont-Ferrand)
Prix Alimentation et Santé 2004
La réduction d’activité physique
est un facteur majeur impliqué dans l’augmentation de la prévalence
du surpoids et de l’obésité, en particulier chez les
enfants et les adolescents. Les complications liées à l’obésité,
notamment l’insulino-résistance et le diabète de type
2, sont également précocement favorisées. Avec la sédentarisation,
les réductions de masse et de dépense énergétique
du muscle limitent l’oxydation des acides gras et favorisent l’accroissement
du tissu adipeux. De plus, des observations récentes ont montré que
la capacité du muscle à oxyder les acides gras est un paramètre
important dans le contrôle de la balance lipidique mais aussi dans
la régulation de la sensibilité à l’insuline.
L’hypothèse actuelle du mécanisme associant une réduction
de la capacité oxydative musculaire à une dégradation
de la sensibilité à l’insuline repose sur l’accumulation
intramusculaires de métabolites intermédiaires des acides gras.
Aujourd’hui, une meilleure compréhension des mécanismes
conduisant à une dégradation de la sensibilité à l’insuline
est primordiale pour mettre en place des stratégies de prévention
mais également, pour mettre en évidence de nouvelles cibles
thérapeutiques. L’objectif de ce projet est 1) d’étudier
les relations entre l’adaptation des capacités oxydatives mitochondriales
et l’installation de l’insulino-résistance musculaire
en réponse à la sédentarisation, 2) d’identifier
quelles voies du métabolisme des acides gras sont principalement modifiées
au cours de la sédentarisation et 3) d’identifier si la voie
des PPARs est impliquée dans ce remodelage cellulaire.
Trente hommes
(18-35 ans), sains et entraînés en endurance (index
sportif>6 selon le questionnaire de Baecke et VO2max > 50ml/min/kg
poids) seront recrutés: 15 sujets participeront au groupe «contrôle»,
sans modification de leur niveau d’entraînement; 15 sujets seront
inclus dans le groupe «désentraînement», avec arrêt
de tout entraînement physique. Un bilan métabolique sera réalisé avant
et après 4 semaines de maîtrise de l’activité physique.
Chaque bilan sera réalisé sous contrôle alimentaire (50%
glucides, 35% lipides, 15% protéines) et comportera une biopsie musculaire
sur le vastre externe (oxydation in vitro des acides gras, activité maximale
et expression génique d’enzymes clés du métabolisme
des acides gras, contenu protéique en PPARs, contenu en métabolites
intermédiaires des acides gras), une mesure de la composition corporelle
(anthropométrie, absorptiométrie biphotonique), du quotient
respiratoire non protéique au repos à jeun et sous insuline
(calorimétrie indirecte), de la sensibilité à l’insuline
(clamp hyperinsulinémique euglycémique), de la quantité de
lipides intramusculaires (RMN) et de VO2max. L’activité physique
moyenne des sujets sera mesurée au domicile par enregistrement de
la fréquence cardiaque avant et pendant la période de suivi.