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TRAVAUX PRIMES
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GENETIQUE ET BIOLOGIE MOLECULAIRE |
"Régulation nutritionnelle
de l'expression du gène ob dans le tissu adipeux de rat"
Violaine ROLLAND (INSERM U 177
- Paris)
Prix de Projet de Recherche Alimentation et Santé 1995
Dans les pays industrialisés,
l'obésité est devenue, de par sa fréquence (10%
de la population adulte), un problème majeur de santé
publique. La prise en charge de cette pathologie ne pourra être
parfaitement efficace que lorsque la compréhension des mécanismes
mis en jeu sera complète. Chez l'homme, il est maintenant clairement
démontré que les facteurs génétiques jouent
un rôle important dans l'apparition de cette maladie. Pour mieux
comprendre le poids des facteurs génétiques dans la constitution
des obésités, de nombreuses études ont été
menées chez la souris obèse dite "ob" : elles
ont abouti à la découverte du gène ob, codant une
protéine appelée leptine, qui participe à la régulation
de la prise alimentaire et à la répartition de l'énergie
entre les tissus.
Ainsi, l'absence de leptine est à
l'origine d'obésité massive chez les rongeurs, tout comme
la non-fonctionnalité de son récepteur (ob-R). Le système
leptinique (gène récepteur) apparaît donc comme
une nouvelle voie importante de contrôle énergétique.
L'étude menée par Violaine
Rolland visait à mieux comprendre le fonctionnement du système
leptinique. Elle a consisté, d'une part, à rechercher
chez le rat normal l'existence de facteurs nutritionnels contrôlant
l'expression du gène ob et, d'autre part, à étudier
chez l'homme la distribution d'une mutation dans le gène du récepteur
ob.
Les travaux réalisés chez
le rat ont montré qu'un régime riche en lipides augmente
l'expression du gène ob. De plus, une corrélation très
significative entre les niveaux d'expression de l'ARm du gène
ob et le poids du tissu adipeux a été observée.
Ce résultat suggère que le degré de développement
du tissu adipeux pourrait être un déterminant majeur du
niveau d'expression du gène ob. Cette étude montre, en
accord avec un grand nombre de travaux réalisés chez l'animal
et l'homme, que les niveaux élevés de leptine circulante
ne suffisent pas pour normaliser le poids corporel et suggère
qu'il existerait une mauvaise "compréhension" du signal
leptinique chez les obèses.
Dans ce contexte, Violaine Rolland a
recherché, dans une population humaine de sujets obèses,
la présence d'une mutation invalidante dans le gène du
récepteur ob (OB-R). Cette étude a été effectuée
dans le cadre d'une collaboration établie entre le laboratoire
de Physiopathologie de la Nutrition (INSERM U177) du Dr M. Lavau et
le service de nutrition de l'Hôtel Dieu du Professeur Bernard
Guy-Grand. Elle a mis en évidence l'existence d'un polymorphisme
au niveau de ce gène OB-R, grâce à l'utilisation
d'une enzyme de restriction appelée Mael. L'analyse de la distribution
de ce polymorphisme au sein de populations d'obèses et de sujets
témoins permettra de déterminer s'il joue un rôle
significatif dans l'étiologie de l'obésité humaine.
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