"Facteurs
génétiques de variabilité individuelle de la sécrétion
et de la sensibilité à l'insuline. Etude d'un modèle
d'obésité juvénile."
Sophie LE FUR, INSERM U 561, Paris
Prix de projet de Recherche Alimentation et santé 2002
Environ 20% des enfants présentant
une obésité massive développent dans la seconde
partie de leur vie un diabète de type 2. Les études récentes
de recherche directe de gènes de susceptibilité dans une
population de patients diabétiques de type 2 reposent sur une
stratégie "cas-contrôles" où l'individu
atteint est défini par une hyperglycémie au delà
d'un seuil fixé par des données de santé publique.
Les résultats obtenus avec cette approche ont été
apparemment contradictoires.
Sophie Le Fur se propose d'aborder d'une
façon différente la recherche de gènes de prédisposition
à l'intolérance glucidique des obèses en définissant
les phénotypes comme des traits quantitatifs (QT). Les principaux
QT sont des index mesurés in vivo d'insulino-sécrétion
et de sensibilité à l'insuline. Le projet portera sur
100 jeunes patients recrutés dans le service d'endocrinologie
de l'hôpital St-Vincent de Paul lors de leur hospitalisation pour
la primo prise en charge de leur obésité. L'obésité
massive est ici considérée comme un état de pré-diabète
de type 2, où insulinorésistance et hyperinsulinémie
sont en pleine constitution dynamique.
L'approche consistera à effectuer
le relevé des paramètres cliniques et biologiques caractéristiques
de l'obésité ainsi que d'index indirects de l'insulino-sécrétion
et de sensibilité. Après sélection d'un catalogue
de gènes candidats impliqués dans l'insulino-sécrétion
et la sensibilité à l'insuline, une recherche bio-informatique
permettra d'identifier ceux comportant des variants fréquents
; l'hypothèse étant que seuls ces derniers sont à
même d'influencer de façon significative les traits continus
étudiés. Enfin le génotypage de ces variants par
des techniques simples (PCR, RFLP) permettra l'analyse statistique des
relations entre les QT phénotypiques et les variants génomiques.
Cette étude devrait permettre
de mettre en évidence une association statistique significative
entre certains variants génomiques et la variabilité individuelle
de paramètres d'insulino-sécrétion et de sensibilité
à l'insuline. Une analyse fonctionnelle de ces variants et/ou
une étude plus approfondie de la structure génomique de
la région où ils se situent pourra par la suite être
envisagée.
Mieux connaître les facteurs génétiques de variabilité
individuelle de la sécrétion et de la sensibilité
à l'insuline en réponse à une obésité
récente pourrait contribuer à mieux comprendre la prédisposition
génétique de certains obèses à développer
à long terme un diabète de type 2.