Dernière mise à jour le : 4 janvier 2010 
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OBJECTIF NUTRITION N°34 (Juillet 1997) 
   ALIMENTS ET MEDICAMENTS : Faire passer les pilules...

Tribune

L'avenir de l'agriculture biologique

Toujours controversée, l'agriculture biologique est cependant aujourd'hui dotée d'un statut et officiellement reconnue, en France et en Europe. Elle répond aux goûts d'une clientèle, et à un marché en expansion.
L'agriculture biologique repose sur un postulat : produire "sain" suppose de privilégier des produits et des mécanismes naturels aux dépens des substituts de synthèse. Les pratiques agricoles en sont transformées : projet, application contrôlée d'un cahier des charges, moyens mis en oeuvre et respect de l'environnement les différencient de celles de l'agriculture conventionnelle.
Personne n'est encore parvenu à démontrer "scientifiquement" des différences de qualité notables entre produits biologiques et produits conventionnels. Cela ne veut pas dire qu'il n'y en ait pas : l'agriculture biologique a été trop longtemps jugée sur un mode inquisitorial, avec des critères correspondant au modèle dominant. En général, à qualité de production au moins équivalente, cette discipline limite les risques de résidus et de pollutions. Les plus sceptiques devraient donc lui laisser largement le bénéfice du doute.
Cette option peut-elle devenir prédominante dans l'agriculture française ? Actuellement, c'est peu probable. Plusieurs facteurs limitants s'y opposent : variétés et races disponibles, technologies et pratiques, productivité, organisation de la profession, commercialisation...
S'y ajoutent des inerties culturelles et un profond déficit de recherche.
Cependant, le paysage agricole français est en pleine évolution. L'agriculture biologique se développe et n'est plus réservée à des agriculteurs marginaux. Des crises comme celle de la filière bovine pourraient accélérer le processus. Un effort de recherche (même bien moindre que celui réalisé par l'agriculture conventionnelle) et la volonté des acteurs économiques contribueraient à lever les blocages. Le développement de recherches comparant l'agriculture biologique à l'agriculture conventionnelle, en termes de bénéfices nutritionnels et de sécurité alimentaire, serait un grand pas en ce sens.

En définitive, l'agriculture biologique devrait continuer à se développer. Elle correspond à une aspiration du consommateur. Il convient aux industriels et aux distributeurs d'en mesurer les enjeux. Cette situation favorable pourrait bien lui fournir des moyens financiers et techniques pour confirmer que produire autrement, c'est aussi produire meilleur et plus sain. Consommateurs et agriculteurs devraient s'y retrouver.

Patrick Legrand
Secrétaire Général de la Délégation à l'environnement de l'INRA


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