 Revue de presse
Activité physique, maladies cardio-vasculaires et
mortalité chez l'homme
Changes in physical activity, mortality and incidence of
coronary heart disease in older men.
Wannamethee S.G., et Al. Lancet 1998 ; 351 : 1603-8.
Certaines études ont suggéré que l'activité physique, à un
niveau relativement modéré, réduisait l'incidence des
maladies cardio-vasculaires et allongeait l'espérance de vie. On savait
en revanche peu de choses des effets d'une activité physique modérée
sur l'insuffisance coronarienne et la mortalité. C'est pourquoi cette étude
anglaise était attendue.
Les auteurs ont suivi, pendant 12 à 14 ans, 7735 hommes âgés
de 40 à 59 ans au début de l'étude ; 5934 de ces 7735
hommes furent suivis 4 années supplémentaires. Ils avaient
alors 63 ans (extrêmes : 52-72 ans). Un score d'activité physique
fut établi et les sujets classés en 6 groupes : aucune activité physique;
activité occasionnelle; modeste; modérée; moyenne; intense.
Parmi les 4311 hommes en bonne santé et sans antécédent
coronarien, 219 décédèrent durant l'étude (5%).
La mortalité globale fut de 27/1000 sujets.ans dans le groupe n'ayant
aucune activité physique, alors qu'elle était de 17 et 12/1000
sujets.ans dans les 2 groupes ayant une activité physique occasionnelle
ou modeste. Elle fut de 8 à 10/1000 sujets.ans dans les groupes d'activité physique
modérée, moyenne ou intense.
Par rapport aux hommes sans activité physique, la mortalité la
plus basse s'observait pour une activité physique modérée,
avec un risque relatif de 50% (RR : 0,50). Les hommes qui passaient d'une
activité physique nulle ou modeste à une activité plus
soutenue étaient ceux dont la mortalité globale était
la plus basse, avec un risque relatif de 0,50 (RR : 0,50). L'ajustement sur
l'âge, le tabac, l'indice de masse corporelle, la classe sociale et
l'état de santé ne modifiait pas ces résultats.
De même, le risque relatif de mortalité cardio-vasculaire, après
les mêmes ajustements, était plus bas chez les hommes qui avaient
une activité physique au moins modérée (RR : 0,26),
par rapport à ceux qui n'en avaient aucune ou seulement occasionnelle
(RR : 1,0). Fait important (et nouveau), ceux qui passaient d'une activité nulle
ou seulement occasionnelle à une activité plus soutenue avaient
un risque relatif de décès cardio-vasculaire 2 fois plus faible
(RR : 0,53) que ceux qui restaient inactifs.
La conclusion est limpide : si l'on est programmé pour mourir jeune,
le fait d'avoir ou d'accroître son activité physique augmente
l'espérance de vie. Seuls pourront s'en priver ceux que leur nature
pousse à vivre vieux, mais inactifs.
La graisse abdominale : un facteur de risque indépendant
de l'obésité
Impairment of health and quality of life in people with
large waist circumference.
Lean M.E.J., et al. Lancet 1998 ; 351 : 853-856.
L'obésité est associée à un risque
accru de maladies métaboliques, cardio-vasculaires et ostéo-articulaires.
C'est avant tout l'obésité à développement abdomino-mésentérique
et tronculaire qui porte l'accroissement de ces risques. Aussi était-il
intéressant de chercher si une augmentation des dépôts
abdominaux de graisses, sans obésité vraie (indice de masse
corporelle < 27 kg/(m)²) était également associée à un
risque accru de maladies métaboliques, cardio-vasculaires et ostéo-articulaires.
L'étude portait sur 5887 hommes et 7018 femmes hollandais âgés
de 20 à 59 ans à l'inclusion. Chacun eut un interrogatoire
détaillé sur son état de santé, sa qualité de
vie et sur les maladies et inconforts qu'il ressentait. L'indice de masse
corporelle était de 25,4 kg/(m)². Trois groupes de circonférence
de taille furent définis : normale, un peu élevée, franchement élevée.
Les résultats furent démonstratifs : l'augmentation de la circonférence
de taille était associée à l'essoufflement pour un effort
minime à l'augmentation de la concentration plasmatique de cholestérol
total, à la baisse du cholestérol-HDL, ainsi qu'à la
fréquence de l'HTA, d'un diabète non insulino-dépendant,
des douleurs lombaires et de la hernie discale L4-L5. Enfin, la qualité de
vie, appréciée sur 11 questions relatant les capacités
physiques diminuait quand augmentait la circonférence de taille.
Le risque relatif des complications ci-dessus était compris entre
1,4 et 4,5 pour les sujets ayant une circonférence de taille franchement élevée,
par rapport aux sujets ayant une circonférence de taille normale.
Les conclusions sont claires et instructives. Chez les sujets à risque
cardio-vasculaire, il faut commencer à lutter contre l'embonpoint
abdomino-mésentérique avant que ne se développe une
obésité abdominale. |