 Revue de presse
Le bêta-carotène bénéfique
pour le coeur ?
Dietary antioxydants and risk of myocardial infarction in
the elderly : The Rotterdam Study. Klipstein Grobusch K. et al. Am. J. Clin.
Nutr.
1999; 69, 261-266.
De nombreuses études épidémiologiques ont souligné l'intérêt
des antioxydants dans la prévention de la maladie ischémique
coronarienne par inhibition de l'oxydation du LDL cholestérol ; cependant
ces études n'ont que rarement concerné des sujets âgés.
Dans le cadre de l'étude hollandaise (Rotterdam Study), 4 802 participants
de 67 ans d'âge moyen, indemnes de maladies coronariennes, ont été soumis à une
enquête alimentaire. En 4 ans, 124 d'entre eux ont été victimes
d'un infarctus du myocarde. L'enquête alimentaire a permis d'analyser
leurs apports en bêta-carotène, vitamine C et vitamine E, que
ce soit par l'alimentation et/ou sous forme de supplémentation. Selon
les résultats, les participants ont été répartis
en trois groupes correspondant à leur niveau de consommation pour
chacune des vitamines antioxydantes : petit, moyen et gros consommateur.
Les résultats de l'étude mettent en évidence, après
ajustement pour les autres facteurs de risque, un taux d'infarctus du myocarde
significativement plus faible chez les sujets "gros consommateurs" en
bêta-carotène. Cette relation est encore plus nette chez les
fumeurs et les anciens fumeurs. En revanche, aucune relation significative
n'a été retrouvée pour la vitamine E ou la vitamine
C.
Il reste maintenant à déterminer si cet effet protecteur est
du au bêta-carotène lui-même, à certains produits
contenant du bêta-carotène, ou seulement à des habitudes
alimentaires associées à une consommation élevée
de fruits et légumes.
Acides gras et cancer du sein
Association of dietary intake of
fat and fatty acids with risk of breast cancer. M.D. Holmes et al. JAMA,
1999, 281, 914-920.
L'hypothèse de la responsabilité des acides gras et des lipides
dans le développement du cancer du sein a été étudiée
dans la cohorte des Nurses'Health Study sur 88 795 femmes suivies pendant
14 ans.
Contrairement aux hypothèses dominantes, les auteurs n'ont pas observé d'accroissement
du risque du cancer du sein avec l'augmentation des apports en graisses animales,
graisses polyinsaturées, saturées ou acides gras trans, par
rapport au groupe où ces graisses avaient été remplacées
par des hydrates de carbone.
De la même façon, ils n'ont pas trouvé d'évidente
diminution du risque de cancer du sein avec l'augmentation de la consommation
des légumes et des acides gras monoinsaturés.
Par contre,
ce risque semble croître avec la consommation d'acides gras
n-3 venant des poissons !
Les auteurs suggèrent de mettre moins l'accent sur la responsabilité des
graisses dans l'incidence du cancer du sein, quelle que soit leur nature,
mais d'insister plus sur le risque cardiovasculaire induit par les graisses
même si elles n'en sont pas le seul facteur.
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