Dernière mise à jour le : 11 avril 2008 
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OBJECTIF NUTRITION N°46 (Juillet 1999) 
   NUTRIMENTS ET GENES

Revue de presse

Le bêta-carotène bénéfique pour le coeur ?

Dietary antioxydants and risk of myocardial infarction in the elderly : The Rotterdam Study. Klipstein Grobusch K. et al. Am. J. Clin. Nutr. 1999; 69, 261-266.

De nombreuses études épidémiologiques ont souligné l'intérêt des antioxydants dans la prévention de la maladie ischémique coronarienne par inhibition de l'oxydation du LDL cholestérol ; cependant ces études n'ont que rarement concerné des sujets âgés.
Dans le cadre de l'étude hollandaise (Rotterdam Study), 4 802 participants de 67 ans d'âge moyen, indemnes de maladies coronariennes, ont été soumis à une enquête alimentaire. En 4 ans, 124 d'entre eux ont été victimes d'un infarctus du myocarde. L'enquête alimentaire a permis d'analyser leurs apports en bêta-carotène, vitamine C et vitamine E, que ce soit par l'alimentation et/ou sous forme de supplémentation. Selon les résultats, les participants ont été répartis en trois groupes correspondant à leur niveau de consommation pour chacune des vitamines antioxydantes : petit, moyen et gros consommateur.
Les résultats de l'étude mettent en évidence, après ajustement pour les autres facteurs de risque, un taux d'infarctus du myocarde significativement plus faible chez les sujets "gros consommateurs" en bêta-carotène. Cette relation est encore plus nette chez les fumeurs et les anciens fumeurs. En revanche, aucune relation significative n'a été retrouvée pour la vitamine E ou la vitamine C.
Il reste maintenant à déterminer si cet effet protecteur est du au bêta-carotène lui-même, à certains produits contenant du bêta-carotène, ou seulement à des habitudes alimentaires associées à une consommation élevée de fruits et légumes.

Acides gras et cancer du sein

Association of dietary intake of fat and fatty acids with risk of breast cancer. M.D. Holmes et al. JAMA, 1999, 281, 914-920.

L'hypothèse de la responsabilité des acides gras et des lipides dans le développement du cancer du sein a été étudiée dans la cohorte des Nurses'Health Study sur 88 795 femmes suivies pendant 14 ans.
Contrairement aux hypothèses dominantes, les auteurs n'ont pas observé d'accroissement du risque du cancer du sein avec l'augmentation des apports en graisses animales, graisses polyinsaturées, saturées ou acides gras trans, par rapport au groupe où ces graisses avaient été remplacées par des hydrates de carbone.
De la même façon, ils n'ont pas trouvé d'évidente diminution du risque de cancer du sein avec l'augmentation de la consommation des légumes et des acides gras monoinsaturés.

Par contre, ce risque semble croître avec la consommation d'acides gras n-3 venant des poissons !
Les auteurs suggèrent de mettre moins l'accent sur la responsabilité des graisses dans l'incidence du cancer du sein, quelle que soit leur nature, mais d'insister plus sur le risque cardiovasculaire induit par les graisses même si elles n'en sont pas le seul facteur.


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