Dernière mise à jour le : 11 avril 2008 
CD-ROM

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OBJECTIF NUTRITION N°60 (Novembre 2001) 
   L'ORGANISATION DE LA SECURITE DES ALIMENTS EN FRANCE

Revue de presse

L’allaitement maternel est-il un bon moyen d’éviter le surpoids plus tard ?

Association between infant breastfeeding and overweight in young children. Hediger M.L. et al., JAMA 2001 ; 285 : 2453-2460.
Risk of overweight among adolescents who are breastfed as infants.
Gillman M.W. et al., JAMA 2001 ; 285 : 2461-2467.

Outre ses fonctions bénéfiques multiples, l’allaitement maternel aurait des vertus préventives sur un excès de prise de poids dans l’enfance.
Deux études parues dans le JAMA ont abordé ce problème.
L’une (Hediger M.L. et al) était transversale et portait sur 2685 enfants de 3 à 5 ans. Après ajustement sur les autres facteurs de risque de surpoids, les auteurs ont noté qu’un allaitement au sein régulier diminuait le risque de tendance au surpoids (indice de masse corporelle entre le 85 et le 94e percentile), mais pas le risque de surpoids (indice de masse corporelle > 94e percentile). La diminution était de 37 %. Il n’y avait ni effet seuil ni relation dose-effet. Le facteur prédictif le plus puissant était le surpoids de la mère (trois fois plus de surpoids en cas de surpoids de la mère, et 4 fois plus en cas d’obésité).
L’autre (Gillman M.W. et al) était longitudinale (suivi de 14 ans) et portait sur 8186 filles et 7155 garçons âgés de 9 à 14 ans. Après ajustement sur les autres facteurs de risque de surpoids, les auteurs ont noté qu’un allaitement au sein régulier diminuait le risque de surpoids (indice de masse corporelle > 94e percentile).
La diminution était de 22 %. Environ 5 % des filles et 9 % des garçons étaient en surpoids. Les auteurs notaient un effet seuil et un effet durée (diminution du risque de 20 % pour ceux nourris au sein plus de 7 mois, versus moins de 3 mois).
Ces études ne sont pas contradictoires : le risque de développer un surpoids s’accroît au fur et à mesure que l’enfant grandit. La cohorte de la 2e étude était aussi plus importante.
Ces 2 études confirment d’autres, dont une Européenne (faite en Allemagne). Il y a lieu de penser qu’il en est de même en France. Si ceci pouvait inciter nos mères à allaiter !
Et le gouvernement à les y inciter !



Activité physique et masse osseuse chez les jeunes enfants



Physical activity and bone measures in young children : the Iowa Bone
development study
Janz K. F. et al - Pediatrics 2001 ; 107 : 1387 93

Le rôle favorable de l’activité physique dans l’acquisition du pic de masse osseuse a été bien démontré chez les préadolescents et adolescents. Mais qu’en est-il chez les enfants plus jeunes ? C’est ce qu’ont tenté de savoir les auteurs de cette étude, qui a porté sur 368 enfants de 4 à 6 ans (âge moyen 5,2 ans), en bonne santé et sans activité sportive de compétition.
L’activité physique a été appréciée par 3 méthodes : une évaluation parentale de l’activité physique, une évaluation parentale du temps quotidien passé à regarder la télévision, et une mesure directe sur 4 jours de l’activité physique en charge grâce au port par l’enfant d’un accéléromètre. La minéralisation osseuse a été mesurée par absorptiométrie biphotonique (rachis lombaire, hanche et corps entier).
Les résultats sont ceux attendus : après ajustement pour l’âge, le poids et la taille, le contenu minéral osseux à la hanche et au rachis des garçons et des filles était positivement corrélé avec l’activité physique mesurée et rapportée par les parents. Cette corrélation positive était beaucoup plus nette lorsqu’on ne prenait en compte que l’activité physique intense. Le temps passé à regarder la télévision n’était qu’une évaluation indirecte du temps quotidien sans activité physique.
Malgré son caractère transversal interdisant toute relation de causalité, cette étude est intéressante car elle a mesuré (et non pas seulement évalué) l’activité physique en charge, dont on sait qu’elle est la plus “active” sur l’os. Ses résultats suggèrent fortement le rôle de l’activité physique en charge sur l’accrétion osseuse dès le plus jeune âge, et donc un possible effet positif sur le pic ultérieur de masse osseuse.
De tels résultats doivent cependant être confirmés par des études longitudinales avant d’inciter les parents à faire marcher leurs enfants… dès la naissance !



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