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Revue de presse
Valeur protectrice des fruits face au risque d'AVC
Johnsen SP, Overvad K, Stripp C et al. Intake of fruit and vegetables and the risk of ischemic stroke in a cohort of Danish men and women. Am J Clin Nutr 2003 ; 78 : 57-64.
Les fruits et légumes (crudités et cuidités)
sont riches en fibres alimentaires,
en vitamines anti-oxydantes (A, E et C)
et en potassium. Ces nutriments ont
un effet bénéfique sur la prévention
secondaire, et parfois primaire, des
maladies coronariennes liées à l’artériosclérose.
En revanche, quoique
supposé, leur effet réducteur du
risque d’accidents vasculaires cérébraux
(AVC) n’était pas acquis.
Les auteurs, Danois, ont suivi pendant
3 à 5 ans, de façon prospective,
54 506 hommes et femmes d’âge
compris entre 50 et 65 ans. Ils ont
analysé initialement leur consommation
de fruits et légumes et les
ont répartis en 5 quintiles selon
cette consommation. (Une portion
normale de crudité est de 100 g, de
légumes de 150 à 200 g et un fruit
moyen type pomme ou poire pèse
200 à 250 g.)
Les auteurs ont identifié 266 accidents vasculaires cérébraux. Parmi eux, 78
survinrent chez les plus petits
consommateurs de fruits et légumes
et 33 chez les plus gros consommateurs
(les groupes, par définition,
étaient de même nombre). Ce résultat
n’était pas modifié par l’analyse multivariée
éliminant divers facteurs de
biais (sexe, âge, HTA, tabac, cholestérolémie,
apports énergétiques, diabète,
alcool, indice de masse corporelle,
viande, activité physique, acide gras
n-3). Ainsi le risque relatif partait de 1
(consommation la plus basse) et diminuait
progressivement jusqu'à 0,72
pour la consommation de fruits et
légumes la plus élevée. Mais l’essentiel
de la protection semblait assurée par
les fruits puisque le risque relatif descendait
progressivement de 1 à 0,60,
tandis qu’il ne bougeait guère pour
les légumes.
En conclusion, cette étude renforce
l’idée que les fruits ont également
un rôle protecteur vis à vis des AVC,
alors que ceci est plus douteux avec
les légumes. Elle contraste avec les
études de prévention des maladies
coronariennes, où légumes et fruits
ont la même valeur protectrice.
Revue de presse
Fibres et prévention du cancer colorectal
Peters U, Sinha N, Subar AF et al.
Dietary fibre and colorectal adenoma
in a colorectal cancer early detection
programme. Lancet 2003 ; 361 :
1491-95.
Le cancer colorectal survient dans plus
de 90 % des cas sur un polyadénome.
D'où l'idée que raccourcir le temps
de transit, diminuer la concentration
de sels biliaires secondaires dans le
colon et favoriser la production d’acides
gras volatils (à chaîne courte
donc) seraient des moyens efficaces
de prévention des adénomes chez l’animal
et l’homme. Les fibres végétales,
indigestibles dans le grêle et digérées
par la flore bactérienne colique, possèdent
ces trois propriétés. Il était
donc tentant d’étudier l’effet d’une
alimentation riche en fibres.
Les auteurs (USA) ont analysé les
apports de fibres alimentaires chez
33 971 patients d’âge compris entre
55 et 75 ans et ayant eu une rectosigmoïdoscopie
négative (pas de
polype) et chez 3591 patients de
même âge ayant au moins un adénome
de plus de 5 cm. Ils ont tenu
compte des autres facteurs de risque.
Des apports élevés en fibres étaient
associés avec un risque plus faible
d’adénome colique (P < 0, 0001).
L’apport le plus élevé en fibres alimentaires
étant associé à divers facteurs
supposés protecteurs du cancer
(aspirine, anti-inflammatoire, moins de
tabac, poids moins lourd, moins de
viande rouge), les auteurs ont pris en
compte ces facteurs de “biais”. L’effet
protecteur s'est maintenu, tant pour
les adénomes coliques (P < 0,008)
que pour les adénomes de grosse
taille (qui ont le plus de chance d’évoluer
vers le cancer) (P < 0,03).
Cette étude confirme la plupart des
autres études transversales ou longitudinales
d’observation, alors que, il faut le rappeler, les études d’intervention
(sujets dont l’apport de fibres est à dessein augmenté) ont obtenu des
résultats plus divergents. La différence est vraisemblablement liée à un effet
d’échantillon (les études d’intervention ont de petits effectifs). |