Dernière mise à jour le : 18 septembre 2008 
CD-ROM

PUBLICATIONS

OBJECTIF NUTRITION N°70 (Décembre 2003) 
   CONSEILS ALIMENTAIRES POUR LE NOURRISSON ET LE JEUNE ENFANT

Revue de presse

Valeur protectrice des fruits face au risque d'AVC

Johnsen SP, Overvad K, Stripp C et al. Intake of fruit and vegetables and the risk of ischemic stroke in a cohort of Danish men and women. Am J Clin Nutr 2003 ; 78 : 57-64.

Les fruits et légumes (crudités et cuidités) sont riches en fibres alimentaires, en vitamines anti-oxydantes (A, E et C) et en potassium. Ces nutriments ont un effet bénéfique sur la prévention secondaire, et parfois primaire, des maladies coronariennes liées à l’artériosclérose. En revanche, quoique supposé, leur effet réducteur du risque d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) n’était pas acquis.
Les auteurs, Danois, ont suivi pendant 3 à 5 ans, de façon prospective, 54 506 hommes et femmes d’âge compris entre 50 et 65 ans. Ils ont analysé initialement leur consommation de fruits et légumes et les ont répartis en 5 quintiles selon cette consommation. (Une portion normale de crudité est de 100 g, de légumes de 150 à 200 g et un fruit moyen type pomme ou poire pèse 200 à 250 g.)
Les auteurs ont identifié 266 accidents vasculaires cérébraux. Parmi eux, 78 survinrent chez les plus petits consommateurs de fruits et légumes et 33 chez les plus gros consommateurs (les groupes, par définition, étaient de même nombre). Ce résultat n’était pas modifié par l’analyse multivariée éliminant divers facteurs de biais (sexe, âge, HTA, tabac, cholestérolémie, apports énergétiques, diabète, alcool, indice de masse corporelle, viande, activité physique, acide gras n-3). Ainsi le risque relatif partait de 1 (consommation la plus basse) et diminuait progressivement jusqu'à 0,72 pour la consommation de fruits et légumes la plus élevée. Mais l’essentiel de la protection semblait assurée par les fruits puisque le risque relatif descendait progressivement de 1 à 0,60, tandis qu’il ne bougeait guère pour les légumes.
En conclusion, cette étude renforce l’idée que les fruits ont également un rôle protecteur vis à vis des AVC, alors que ceci est plus douteux avec les légumes. Elle contraste avec les études de prévention des maladies coronariennes, où légumes et fruits ont la même valeur protectrice.

Revue de presse

Fibres et prévention du cancer colorectal

Peters U, Sinha N, Subar AF et al. Dietary fibre and colorectal adenoma in a colorectal cancer early detection programme. Lancet 2003 ; 361 : 1491-95.

Le cancer colorectal survient dans plus de 90 % des cas sur un polyadénome. D'où l'idée que raccourcir le temps de transit, diminuer la concentration de sels biliaires secondaires dans le colon et favoriser la production d’acides gras volatils (à chaîne courte donc) seraient des moyens efficaces de prévention des adénomes chez l’animal et l’homme. Les fibres végétales, indigestibles dans le grêle et digérées par la flore bactérienne colique, possèdent ces trois propriétés. Il était donc tentant d’étudier l’effet d’une alimentation riche en fibres.
Les auteurs (USA) ont analysé les apports de fibres alimentaires chez 33 971 patients d’âge compris entre 55 et 75 ans et ayant eu une rectosigmoïdoscopie négative (pas de polype) et chez 3591 patients de même âge ayant au moins un adénome de plus de 5 cm. Ils ont tenu compte des autres facteurs de risque. Des apports élevés en fibres étaient associés avec un risque plus faible d’adénome colique (P < 0, 0001).
L’apport le plus élevé en fibres alimentaires étant associé à divers facteurs supposés protecteurs du cancer (aspirine, anti-inflammatoire, moins de tabac, poids moins lourd, moins de viande rouge), les auteurs ont pris en compte ces facteurs de “biais”. L’effet protecteur s'est maintenu, tant pour les adénomes coliques (P < 0,008) que pour les adénomes de grosse taille (qui ont le plus de chance d’évoluer vers le cancer) (P < 0,03).
Cette étude confirme la plupart des autres études transversales ou longitudinales d’observation, alors que, il faut le rappeler, les études d’intervention (sujets dont l’apport de fibres est à dessein augmenté) ont obtenu des résultats plus divergents. La différence est vraisemblablement liée à un effet d’échantillon (les études d’intervention ont de petits effectifs).


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