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Revue de presse
Consommation de poissons gras et prévention secondaire des décès par insuffisance coronarienne
Erkkilä A.T., Lehto S., Pyörälä K., Uusitupa M.I.J. - n-3 fatty acids and 5-years risks of death and cardiovascular disease events in patients with coronary artery disease. Am J Clin Nutr 2003 ; 78 : 65-71.
Les Finlandais ont un pays à part.
D’abord parce qu’on y mange beaucoup
de poissons. Ensuite parce qu’on
y meurt beaucoup plus qu’ailleurs de
coronaropathie (quatre fois plus qu’en
France) alors que diverses études ont
suggéré l’effet protecteur de certains
acides gras (AG) des matières grasses
des poissons de mer froide, les AG
poly-insaturés de la lignée des
"oméga 3" (n-3). Ils auraient des propriétés
multiples : baisse du cholestérol
LDL, baisse des triglycérides,
pouvoir antiagrégant plaquettaire,
effet antiarythmique.
Le but de cette étude était de savoir
si une concentration élevée en AG
n-3 dans le plasma, en provenance
de l’alimentation, protégeait des
maladies cardio-vasculaires (MCV)
liées à l’artériosclérose.
Les apports alimentaires et les facteurs
de risque de 285 hommes et 130
femmes d’âge moyen 62 ans (50-75
ans) ont été analysés dans les suites
d’un accident lié à une MCV : infarctus, troubles du rythme, coronaroplastie
ou pontage. Les malades ont
été suivis cinq ans et les causes des
décès analysées. Il y en eut 36, dont
21 par infarctus et 12 par accidents
vasculaires cérébraux.
Le risque de décès, par comparaison
aux non-consommateurs de poisson,
était divisé par deux en cas de
consommation entre 1 et 57 g/j et
divisé par trois en cas de consommation
de plus de 57 g/j. Le risque
relatif de décès diminuait progressivement
du tertile le plus bas au tertile
le plus haut de concentration
plasmatique d’AG n-3 (du plus bas
au plus haut : eicosa-penta-énoïque :
1- 0,68- 0,33 et docosa-hexa-énoïque :
1- 0,51- 0,31.)
Au total, le risque de décès à cinq ans
est plus bas lorsque la consommation
de poissons augmente, ce qui se traduit
par une augmentation de la
concentration des AG n-3 dans les
lipides circulants. Cette étude confirme
et renforce d’autres études de
prévention secondaire.
Aucun doute n’est plus possible : la
consommation de 150 g de poissons
gras ou demi-gras trois fois par
semaine limite le risque de décès par
MCV après un accident coronarien.
Revue de presse
L’activité physique limite la prise de poids chez l’homme en bonne santé
BMI changes and leisure time physical activity (LTPA) : an 11-years follow-up study in apparently healthy men aged 20-69 years with normal weight at baseline. DrØyvold W.B., Holmen J., Midthjell K. et al. International Journal of Obesity 2004 ; 28 :410-417
Le poids corporel et l’indice de masse
corporelle (IMC) sont associés à la
morbidité et à la mortalité, chez les
hommes comme chez les femmes.
La prévention de la prise de poids
passe par une réduction des ingesta,
mais aussi par une augmentation des
dépenses énergétiques ; l’activité
physique de loisir (APL) est la part la
plus aisément évaluable et modifiable
de ces dépenses énergétiques.
Les auteurs de cette étude
Norvégienne ont étudié l’influence
du niveau d’APL sur l’évolution de
l’IMC chez des hommes en bonne
santé apparente, âgés de 20 à 69 ans.
Le choix d’effectuer cette étude chez
les hommes était justifié par le fait que
le rapport entre IMC et mortalité
d’une part, et le niveau moyen d’activité
physique d’autre part, sont très
différents chez les hommes et chez
les femmes. Les auteurs ont inclus 6945 hommes, dont 6745 ont complété
l’étude à 11 ans.
Les niveaux d’APL à l’inclusion étaient
les suivants : APL faible, 40,1% ; APL
modérée, 45% et APL élevée, 14,8%.
Onze ans plus tard, 50,2% des participants
avaient pris au moins 5 kg
tandis que seulement 2,2% avaient
perdu au moins 5 kg. L’évolution de
l’IMC différait selon le niveau d’APL :
une APL faible ou élevée était associée
à une augmentation de l’IMC plus
forte que celle observée pour une APL
modérée (courbe en "U"). Il n’y avait
pas de différence dans l’augmentation
de l’IMC entre les sujets à APL faible
et ceux à APL élevée.
Cette étude montre que chez les
hommes en apparente bonne santé et ayant un poids normal, l’APL a un
effet modéré mais significatif sur la prise de poids. Néanmoins, l’intensité
de l’APL n’est pas corrélée à l’effet limitant
sur la prise de poids (pas de relation
"effet-dose"). Ces données sont cependant encourageantes car l’APL,
indépendamment de son effet sur l’IMC, a un effet bénéfique sur le système
cardiovasculaire, ces deux effets bénéfiques pouvant se conjuguer.
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