Dernière mise à jour le : 4 janvier 2010 
CD-ROM

PUBLICATIONS

OBJECTIF NUTRITION N°71 (Mars 2004) 
   COMPORTEMENT ALIMENTAIRE DE l'ENFANT

Revue de presse

Consommation de poissons gras et prévention secondaire des décès par insuffisance coronarienne

Erkkilä A.T., Lehto S., Pyörälä K., Uusitupa M.I.J. - n-3 fatty acids and 5-years risks of death and cardiovascular disease events in patients with coronary artery disease. Am J Clin Nutr 2003 ; 78 : 65-71.

Les Finlandais ont un pays à part. D’abord parce qu’on y mange beaucoup de poissons. Ensuite parce qu’on y meurt beaucoup plus qu’ailleurs de coronaropathie (quatre fois plus qu’en France) alors que diverses études ont suggéré l’effet protecteur de certains acides gras (AG) des matières grasses des poissons de mer froide, les AG poly-insaturés de la lignée des "oméga 3" (n-3). Ils auraient des propriétés multiples : baisse du cholestérol LDL, baisse des triglycérides, pouvoir antiagrégant plaquettaire, effet antiarythmique.
Le but de cette étude était de savoir si une concentration élevée en AG n-3 dans le plasma, en provenance de l’alimentation, protégeait des maladies cardio-vasculaires (MCV) liées à l’artériosclérose.
Les apports alimentaires et les facteurs de risque de 285 hommes et 130 femmes d’âge moyen 62 ans (50-75 ans) ont été analysés dans les suites d’un accident lié à une MCV : infarctus, troubles du rythme, coronaroplastie ou pontage. Les malades ont été suivis cinq ans et les causes des décès analysées. Il y en eut 36, dont 21 par infarctus et 12 par accidents vasculaires cérébraux.
Le risque de décès, par comparaison aux non-consommateurs de poisson, était divisé par deux en cas de consommation entre 1 et 57 g/j et divisé par trois en cas de consommation de plus de 57 g/j. Le risque relatif de décès diminuait progressivement du tertile le plus bas au tertile le plus haut de concentration plasmatique d’AG n-3 (du plus bas au plus haut : eicosa-penta-énoïque : 1- 0,68- 0,33 et docosa-hexa-énoïque : 1- 0,51- 0,31.)
Au total, le risque de décès à cinq ans est plus bas lorsque la consommation de poissons augmente, ce qui se traduit par une augmentation de la concentration des AG n-3 dans les lipides circulants. Cette étude confirme et renforce d’autres études de prévention secondaire.
Aucun doute n’est plus possible : la consommation de 150 g de poissons gras ou demi-gras trois fois par semaine limite le risque de décès par MCV après un accident coronarien.

Revue de presse

L’activité physique limite la prise de poids chez l’homme en bonne santé

BMI changes and leisure time physical activity (LTPA) : an 11-years follow-up study in apparently healthy men aged 20-69 years with normal weight at baseline. DrØyvold W.B., Holmen J., Midthjell K. et al. International Journal of Obesity 2004 ; 28 :410-417

Le poids corporel et l’indice de masse corporelle (IMC) sont associés à la morbidité et à la mortalité, chez les hommes comme chez les femmes. La prévention de la prise de poids passe par une réduction des ingesta, mais aussi par une augmentation des dépenses énergétiques ; l’activité physique de loisir (APL) est la part la plus aisément évaluable et modifiable de ces dépenses énergétiques.
Les auteurs de cette étude Norvégienne ont étudié l’influence du niveau d’APL sur l’évolution de l’IMC chez des hommes en bonne santé apparente, âgés de 20 à 69 ans. Le choix d’effectuer cette étude chez les hommes était justifié par le fait que le rapport entre IMC et mortalité d’une part, et le niveau moyen d’activité physique d’autre part, sont très différents chez les hommes et chez les femmes. Les auteurs ont inclus 6945 hommes, dont 6745 ont complété l’étude à 11 ans.
Les niveaux d’APL à l’inclusion étaient les suivants : APL faible, 40,1% ; APL modérée, 45% et APL élevée, 14,8%. Onze ans plus tard, 50,2% des participants avaient pris au moins 5 kg tandis que seulement 2,2% avaient perdu au moins 5 kg. L’évolution de l’IMC différait selon le niveau d’APL : une APL faible ou élevée était associée à une augmentation de l’IMC plus forte que celle observée pour une APL modérée (courbe en "U"). Il n’y avait pas de différence dans l’augmentation de l’IMC entre les sujets à APL faible et ceux à APL élevée.

Cette étude montre que chez les hommes en apparente bonne santé et ayant un poids normal, l’APL a un effet modéré mais significatif sur la prise de poids. Néanmoins, l’intensité de l’APL n’est pas corrélée à l’effet limitant sur la prise de poids (pas de relation "effet-dose"). Ces données sont cependant encourageantes car l’APL, indépendamment de son effet sur l’IMC, a un effet bénéfique sur le système cardiovasculaire, ces deux effets bénéfiques pouvant se conjuguer.


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