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Revue de presse
Facteurs de risque alimentaire de la goutte chez l'homme
Protein-rich foods, dairy and Protein intakes and the risk of Gout in Men. Choi H.K. et al, N. Engl. J. Med. 2004 : 350 : 1093-1103
La goutte reste, notamment chez
l'homme aux USA, la cause la plus
fréquente d'arthrites. Les patients se
voient habituellement conseiller
d'éviter certains aliments riches en
purines. Cependant les quelques
études prospectives sur ce sujet n'ont
pas été convaincantes. A l'opposé, si
la consommation de produits laitiers
est inversement corrélée au taux
d'uricémie, aucun effet bénéfique sur
la maladie goutteuse n'a été prouvé.
Les auteurs de ce travail ont donc suivi
pendant 12 ans avec une enquête alimentaire
tous les 4 ans, 47 150 hommes
âgés de 40 à 75 ans et indemnes
de goutte à l'inclusion. Les cas de
goutte apparus pendant ces 12 ans
de suivi ont été répertoriés et analysés,
en les comparant aux témoins.
A l'issue du suivi, 730 hommes satisfaisaient
aux critères diagnostiques
de goutte de l'American College of
Rheumatology. Le risque relatif de
goutte était plus élevé chez les forts
consommateurs de viande (R.R = 1,41
pour le quintile supérieur) et de poissons
et fruits de mer (R.R = 1,51 pour le quintile supérieur). Cependant le
risque de goutte n'était pas corrélé à
l'apport protéique total, peut-être
parce que les protéines augmentent
l'uricurie.
A l'opposé, le risque de goutte était
diminué chez les forts consommateurs
de produits laitiers écrémés
(R.R = 0, 56). Enfin, la consommation
de légumes riches en purines (lentilles,
haricots, épinards, champignons…)
n'était pas associée à un risque accru
de goutte. Ces associations étaient
indépendantes des facteurs de
risque connus de la goutte (obésité,
âge, hypertension artérielle, alcool,
dénutrition, insuffisance rénale).
Cette étude méthodologiquement
rigoureuse sur une grande population
confirme le rôle aggravant des
protéines animales et le rôle protecteur
des produits laitiers écrémés. En
fait, la goutte, aux USA notamment,
doit être intégrée aux complications
de l'alimentation “occidentale” et de
l'obésité, au même titre que l'HTA
ou le diabète.
En France, la rareté de la goutte ne
doit pas rassurer : elle est seulement
due à la généralisation du traitement
médicamenteux des hyperuricémies,
et ne doit pas masquer l'épidémie
de surpoids et d'obésité.
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