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Sécurité alimentaire
L'enrichissement en vitamine D des aliments : pourquoi et pour qui ?
Des prophylaxies “ciblées” de la
carence en vitamine D ont été
successivement mises en place
depuis une trentaine d'années pour
les trois catégories de population les
plus exposées à cette carence :
nourrissons, femmes enceintes et
personnes âgées.
De telles prophylaxies n'ont pas été
proposées pour les autres tranches
de la population générale, adultes,
enfants et adolescents, en raison de
l'extrême rareté des manifestations
cliniques de carence chez elles.
Cependant, il n'est pas exclu qu'un
statut suboptimal en vitamine D
puisse, à long terme, retentir sur la
minéralisation du squelette, ou augmenter
le risque de survenue de
certaines maladies auto-immunes
ou de cancers tels que cancer du
colon ou cancer du sein.
Bien que les 2/3 des réserves en
vitamine D dépendent de la production
cutanée, l'apport alimentaire en
cette vitamine devient essentiel
pour les sujets ne souhaitant pas ou
ne pouvant pas s'exposer au rayonnement
solaire efficace, c'est-à-dire,
en France entre mai/juin et octobre.
Or le nombre d'aliments riches en
vitamine D est très limité. Seuls les
poissons de mer gras, tels que saumon,
sardine, maquereau, hareng,
apportent des quantités significatives
de vitamine D. Ceci explique les
résultats d'enquêtes alimentaires,
montrant que près d'un tiers (30 %)
des adultes consomment moins de 1,5 microgramme /jour de vitamine
D (30 % des ANC). Il est alors apparu
souhaitable que les individus ne
s'exposant pas au soleil et consommant
peu de poisson puissent
bénéficier d'une autre source de
vitamine D dans leur alimentation
courante.
Connaissant le risque que fait courir,
à l'inverse, une surcharge en vitamine
D, la CEDAP (Commission interministérielle
d'Étude des Produits Destinés
à une Alimentation Particulière) a proposé
en 1998 de rechercher les aliments
vecteurs potentiels, et le niveau
d'enrichissement permettant de
réduire de 30 % à 2,5 %, le pourcentage
des faibles consommateurs
(moins de 1,5 µg/j). Ceci, sans élever à
plus de 2,5 % le pourcentage des forts
consommateurs (plus de 10 µg/j, soit
2 fois les ANC). Des études de simulation
ont montré que ce double
objectif pouvait être atteint avec un
enrichissement de deux catégories
d'aliments : les laits et les produits
laitiers frais, avec un niveau d'enrichissement
respectif de 1 µg/100 ml et
de 1,25 µg/100g. Ces niveaux ont
été repris dans l'arrêté du 11 octobre
2001 autorisant en France l'enrichissement
en vitamine D des laits et
produits laitiers frais de consommation
courante.
M.Garabédian
Inserm U561, Hôpital St Vincent de Paul, Paris
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