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Revue
de presse (2)
Pourquoi certaines femmes minces
se considèrent-elles comme trop grosses ?
A characterization of adult women
considering their body weight as
too heavy.
KJaerbye – Thygesen A. et al, Int J
Eat Disord 2004, 35 : 275 – 285
L’idéal féminin actuellement promu
dans les médias confine à la maigreur.
Des études chez de très jeunes
femmes (lycéennes et étudiantes)
ont montré qu'une écrasante majorité de celles-ci se considéraient, à
tort, comme "rondes", alors que
leur IMC était normal (entre 18,5 et
24,9 kg/(m)2) Cette étude s’est intéressée à
la perception de l’image
corporelle auprès de femmes minces
un peu plus âgées : 2443 femmes de
27 à 38 ans ayant un IMC compris
entre 18,5 et 21 ont répondu à un
questionnaire sur leur image corporelle
et leur mode de vie.
Plus de 10 % de ces femmes
(276/2443) se considéraient comme
trop grosses. Cette anomalie de
l’image corporelle était associée à un
IMC et un tour de hanches plus élevés
ainsi qu’à de plus nombreuses variations
de poids au cours des années
précédentes. Le risque de se considérer à
tort comme en surpoids était
aussi augmenté par des conduites à risques précoces
(consommation d’alcool
ou premier rapport sexuel avant
15 ans) et des événements douloureux
pendant l’enfance ou l’adolescence
(longue maladie des parents, échec scolaire). En revanche le tabagisme,
le statut marital, le nombre de
partenaires sexuels ou le niveau
d’études ne semblaient pas influer
sur l’image corporelle. Enfin seule l’avancée
en âge et les maternités diminuaient
le risque de se considérer à tort comme “ronde” :
la sagesse
viendrait donc bien avec les années...
et les maternités ! Cette étude montre
que l’insatisfaction corporelle se construit
dans l’enfance et l’adolescence,
et s’atténue chez les femmes plus âgées. Les mères devraient donc éviter
de relayer auprès de leur fille
cet idéal féminin médiatique de
maigreur, idéal qui semble favoriser
l’émergence précoce de troubles du
comportement alimentaire. |