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PUBLICATIONS
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OBJECTIF NUTRITION N°76 (Juin
2005) |
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L’alimentation
dans le diabète
insulinodépendant
de l’enfant |
Tribune
Le nourrisson et le soja
Les préparations
pour nourrissons (1er et 2e âges) à base
de protéines de soja (PPS) commercialisées
en France sont des produits diététiques
sans lactose, sans saccharose, sans gluten,
sans protéines du lait de vache. Enrichies
en méthionine, carnitine, fer et zinc,
elles sont soumises à la même
réglementation que les préparations à base
de lait de vache. Leur principale indication
est l’alimentation des nourrissons
lorsque l’allaitement maternel est
impossible et les préparations à base
de lait de vache refusées. En dehors
des PPS, les produits à base de soja
n’ont pas leur place dans l’alimentation
de l’enfant de moins de trois ans.
La concentration élevée des
PPS en phyto-oestrogéniques a fait
l’objet des dernières recommandations
de l’AFSSA*. Ces molécules peuvent
avoir des effets oestrogéniques ou
anti-oestrogéniques complexes, variant
selon les molécules, les espèces,
les doses, les voies d’apports, la
biodisponibilité individuelle, l’âge,
les tissus considérés... Les
PPS actuellement commercialisées contiennent
de 18 à 45 mg d’isoflavones
par litre. Un nourrisson de 4 mois alimenté uniquement
avec une PPS pourrait ainsi recevoir entre
6 et 9 mg d’isoflavone par kg et par
jour. Absorbées et métabolisées,
ces isoflavones se retrouvent dans les urines
et dans le plasma à des concentrations élevées.
De nombreux travaux expérimentaux
montrent que les phyto-oestrogéniques
ont des effets sur le développement
et le fonctionnement neuro-endocrinien et
immunitaire dans différentes espèces
animales. Chez l’enfant, bien que les
PPS soient utilisées depuis de nombreuses
années, il n’a pas été observé jusqu’à présent
de troubles de la croissance ou du développement
endocrinien mais on ne dispose pas d’études à long
terme portant notamment sur la fertilité à l’âge
adulte. Compte tenu de ces incertitudes,
il est recommandé de réduire
la teneur en isoflavones des PPS. De telles
préparations à taux réduits
d’isoflavones ne sont pas actuellement
disponibles.
Dans certains pays on constate une utilisation
irrationnelle mais croissante des PPS pour
l’alimentation des nourrissons normaux.
Cela n’a pas de justification scientifique
: le meilleur choix pour alimenter un nourrisson
est l’allaitement maternel ou, à défaut,
une préparation à base de lait
de vache.
Pr. Daniel
RIEU
UFR médecine
Université Montpellier 1
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