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PUBLICATIONS
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OBJECTIF NUTRITION N°77 (Septembre 2005) |
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Le syndrome métabolique existe-t-il chez l’enfant ? |
Tribune
Le lait est-il mauvais ?
La prévention de l’insuffisance de minéralisation
osseuse et l’obtention d’un pic de
densité minérale osseuse (DMO) maximal
chez les jeunes adultes, sont devenus
un objectif majeur de Santé publique
pour prévenir les ostéoporoses sévères
du grand âge. Pourtant, certains s’obstinent
à mettre en garde contre de prétendus
dangers que feraient courir lait et produits
laitiers, bien qu’eux seuls assurent
les apports recommandés en calcium (Ca)
chez l’enfant et l’adolescent. Ils s’avèrent
aussi une source particulièrement précieuse
de protéines et de calcium
pour les personnes âgées.
Chez l’adolescent, aux besoins
très élevés en raison d’une
croissance osseuse et d’une
augmentation de DMO importantes,
deux grands instituts
américains (NSF et NIH) estiment que les recommandations devraient
être portées à 1300-1500 mg de Ca par jour entre 11 et 24 ans, ce qui est bien supérieur
aux Apports Nutritionnels Conseillés français (1200 mg/jour). Une étude interventionnelle
de J-P. Bonjour chez des jeunes filles prépubères démontre la supériorité du
phosphate de calcium du lait qui, outre l’augmentation de DMO attendue, entraîne
en plusieurs sites une augmentation des volumes osseux avec une rémanence de ces
effets plus de trois ans après l’arrêt de la supplémentation.
Les autres sels de calcium ne donnent pas les mêmes résultats : le lait, en apportant calcium, phosphate et protéines,
apparaît comme l’aliment approprié pour une croissance osseuse optimale.
Sur quels arguments s’appuient les opposants
au lait ? Le nombre considérable de
travaux montrant les effets bénéfiques du
lait et des laitages amène à rapprocher les
positions de ses ennemis de celles des opposants
aux vaccinations qui s’obstinent dans
un combat absurde. Les intolérances aux
protéines du lait de vache ne concernent que
2 à 5 % des nourrissons et disparaissent en
règle générale avant deux ans. Les intolérances
au lactose, secondaires, génétiquement
déterminées, frappent de façon très variable
les populations : 5 à 10 % des
Européens, mais 90 à 100 % de certaines
populations asiatiques et
africaines où elles épargnent
les populations pastorales. Le
déficit secondaire en lactase,
qui en est responsable, n’apparaît
qu’après l’âge du sevrage, n’est pas complet et permet de consommer une certaine quantité
de lait. Les fromages affinés, pratiquement dépourvus de lactose, les yaourts en règle générale bien tolérés, voire les laits
délactosés, permettent de satisfaire aux apports souhaitables.
Rien, malgré le grand nombre d’études déjà publiées, ne permet d’attribuer au lait un rôle particulier dans les risques de diabète,
de polyarthrite chronique, de sclérose en plaques ou d’athérosclérose… Les laits et laitages du commerce, très contrôlés sur le
plan des contaminants microbiologiques et chimiques (aflatoxine, pesticides, métaux lourds, radionucléides…), constituent donc
non seulement des aliments très utiles, mais aussi très sécurisés.
Pr M. VIDAILHET
Hôpital d’Enfants
CHU Nancy
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