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PUBLICATIONS
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OBJECTIF NUTRITION N°84 (Juin 2007) |
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Les acides gras ω3 chez le jeune enfant |
Revue de presse 1
Développement neurologique et cognitif de l’enfant : rôle de l’apport en poissons et fruits de mer pendant la grossesse.
Maternal seafood consumption in pregnancy and neurodevelopmental outcomes in childhood
(ALSPAC study) : an observational cohort study.
Hibbeln J.R. et al. Lancet 2007 ; 369 : 578 - 85
Le développement neurologique
et cognitif optimal du fœtus dépend, entre autres, des apports en acides gras ω3 et en DHA. Les poissons et fruits de
mer en sont la source essentielle.
Cependant, en 2004, les autorités sanitaires aux USA ont recommandé de limiter les apports en poissons et fruits de
mer chez les femmes enceintes à 340 g par semaine, pour réduire le risque d’exposition fœtale à certains contaminants
neurotoxiques (méthylmercure, notamment). Les poissons et fruits de mer ont donc deux
effets potentiellement opposés sur le développement neurologique du fœtus.
Afin de déterminer dans quel sens la consommation maternelle de poissons et maternelle de poissons et
fruits de mer influait sur le développement fœtal, cette étude observationnelle britannique a suivi 11 875
femmes enceintes et leur enfant jusqu’à l’âge de 8 ans. L’enquête
alimentaire fut effectuée à 32 semaines de grossesse. Les mères remplirent un questionnaire sur le développement et le
comportement de leur enfant à 6, 18, 30, 42 et 81 mois. Enfin, le quotient intellectuel des enfants
fut évalué à l’âge de 8 ans.
La consommation maternelle de poissons et fruits de mer se répartissait entre 0 et 3 268 grs
par semaine, avec une consommation moyenne de 235 ± 202 grammes par semaine. Douze pour cent des femmes ne
consommaient pas de poisson, 65 % en consommaient 1 à 340 g/semaine, et 23% plus de 340 g/semaine.
Les résultats furent ajustés selon un certain nombre de facteurs environnement aux influant
sur le développement neurologique et cognitif des enfants. Ils révélèrent un risque plus important
de développement neurologique et cognitif insuffisant chez les enfants de mères ayant une
consommation maternelle de poisson inférieure à 340 g/semaine par rapport aux enfants de
mères ayant consommé plus de 340 g/semaine de poisson.
Cette étude ne retrouve donc pas
d’effet délétère d’une consommation maternelle de poisson
supérieure à 340 g/semaine pendant la grossesse : au contraire, une consommation
supérieure à 340 g/semaine se révèle bénéfique pour le développement
neurologique et cognitif des enfants. Les différents
biais envisagés ne remettent pas en cause cette conclusion. À
noter, tout de même, que le quotient intellectuel des mères n’a
pas été évalué dans cette étude.
Sauf à penser que les poissons britanniques soient très différents de ceux du reste du monde, il ne semble donc pas judicieux
de limiter la consommation de poisson des femmes enceintes ou susceptibles de l’être.
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