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PUBLICATIONS
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OBJECTIF NUTRITION N°86 (Décembre 2007) |
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Poids et hormones sexuelles chez la femme |
Tribune
Préparer la diversification alimentaire...dès la grossesse?
L'expérience quotidienne montre que la diversification alimentaire, et son élargissement, demeurent
délicats à mettre en place. Est-il possible de préparer cette transition importante dans la vie de
l'enfant et partant de là, favoriser l'instauration d'une alimentation diversifiée et équilibrée ?
Peut-être, car on sait maintenant que le liquide amniotique et le lait maternel véhiculent les
molécules aromatiques des aliments consommés par la mère, et que l’exposition
précoce de l’enfant à ces arômes peut jouer un rôle promoteur
des premiers apprentissages alimentaires. Ainsi, des enfants
nés de femmes ayant consommé des biscuits anisés en
fin de grossesse se montrent particulièrement attirés par cet
arôme à la naissance. D’autres enfants, exposés au cours des premières
semaines à un arôme de camomille pendant la tétée, présentent au sevrage moins de mimiques
négatives et des mises en bouche plus fréquentes pour cet arôme devenu familier comparativement
à un arôme nouveau. L'enfant accepte donc plus facilement les aliments contenant des arômes
déjà rencontrés in utero ou au cours de la tétée.Mais qu'en est-il des aliments nouveaux ?
Une hypothèse suggère que des fœtus et des
nouveau-nés exposés à des stimulations aromatiques
plus variées et plus nombreuses seraient
moins difficiles et moins néophobiques au moment de la diversification alimentaire.
Ce point, en cours d'exploration chez l'homme, est déjà vérifié chez l'animal : des lapines soumises à un régime alimentaire varié en fin de
gestation donnent naissance à des lapereaux qui mangent plus facilement un aliment inconnu,
par comparaison avec des lapereaux dont les mères n'ont consommé qu'un aliment unique.
De façon inattendue, les lapereaux exposés à la variété aromatique in utero se sont aussi
montrés moins phobiques que les témoins lors de la présentation
d'un objet visuel nouveau, ce qui suggère que la familiarisation
précoce à la variété aromatique pourrait aussi avoir une influence plus globale sur
l'intégration multimodale de l'environnement postnatal.
Si les travaux à venir confirment l'importance de l'expérience sensorielle précoce sur l'acceptabilité
des aliments, l'instauration d'une alimentation diversifiée et la néophobie en général, il conviendra d'encourager les mères à adopter
une alimentation diversifiée dès la grossesse ; et d'encourager encore plus vivement l'allaitement au sein, les laits maternels se distinguant des
laits pour nourrissons par la richesse et la finesse de leur bouquet.
Luc Marlier
CNRS Laboratoire d’Imagerie et de Neurosciences Cognitives, Strasbourg
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