Dernière mise à jour le : 4 janvier 2010  
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OBJECTIF NUTRITION N°91 (Mars 2009) 
   Les Acides Gras Trans


 
Tribune

Médicaments, aliments : quelles frontières ?

Entre aliments, aliments fonctionnels, compléments alimentaires, aliments porteurs d’allégations santé, médicaments en libre accès ou sur prescription médicale, le consommateur ne sait plus très bien où il en est, d’autant que la publicité transforme quelquefois l’aliment en médicament. Le doute se généralise, et les écrits des médias, parfois mal orientés, ne font qu’aggraver le problème.

La prévention d’un certain nombre de pathologies passe par une alimentation équilibrée et orientée vers la santé. Les aliments porteurs d’allégations santé scientifiquement démontrées se révèlent donc utiles car ils permettent une action préventive avant de passer à la thérapeutique médicamenteuse. Mais aucun aliment ou complément alimentaire ne peut se targuer d’avoir des propriétés thérapeutiques, réservées aux médicaments.

Comment éclairer le consommateur, lui donner des informations sur des produits qui possèdent réellement des effets bénéfiques et le prévenir contre ceux qui avancent des propriétés qu’ils ne possèdent pas ?

Depuis deux ans, un règlement européen a pour objectif de mettre de l’ordre dans ce domaine en obligeant les fabricants à fournir aux autorités de tutelle (la DGCCRF en France) des preuves scientifiquement établies des qualités qu’ils allèguent.

Certains aliments, à condition que les preuves soient établies, peuvent se targuer d’avoir des propriétés fonctionnelles, à condition de ne pas faire référence à une pathologie. Par exemple, ont été validées les allégations: “aliment riche en calcium qui participe au maintien du capital osseux”, “renforce les défenses naturelles de l’organisme”, “spécialement conçu pour vous aider à rééquilibrer votre alimentation en sels minéraux indispensables à votre organisme et en particulier à la régulation de la pression artérielle”.

Le règlement prévoit de dresser la liste des allégations autorisées et de la mettre régulièrement à jour. Mais qui va consulter cette liste ? Qui va conseiller le consommateur ? Qui va faire la chasse aux allégations mensongères ?

C’est essentiellement aux personnels de santé de transmettre cette information au consommateur. Il faut qu’il soit informé non seulement des allégations reconnues mais aussi des allégations refusées. Il faut également que les médias spécialisés dans le domaine de la nutrition et de la santé se mobilisent afin de permettre au consommateur d’y voi rclair.

Le concept d’aliment porteur d’allégation santé est complémentaire du médicament à condition qu’il n’y ait pas de dérapage et que les propriétés alléguées soient bien réelles. Dans ces conditions, la frontière entre aliments et médicaments se rationalise, ce qui devrait permettre une cohabitation sereine.

Pr. Pierre BOURLIOUX
Faculté de Pharmacie, Paris

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