Dernière mise à jour le : 4 janvier 2010 
CD-ROM

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OBJECTIF NUTRITION NUMERO SPECIAL (Novembre 2005) 
   Calcium et Obésité

 
Dossier 1

Apports calciques et marqueurs de l’obésité : une relation inverse

█ APPORTS CALCIQUES ET ADIPOSITÉ

Les travaux de Zemel MB et al(1) aux Etats Unis, en 2000, ont été à l’origine de l’intérêt porté à la relation entre consommation de calcium, poids corporel et adiposité. Ils portaient sur des sujets appartenant à la cohorte de la NHANES III (National Health Nutrition Examination Survey). Ils ont montré l'existence d'une relation inverse entre apports alimentaires et masse grasse, après ajustement pour les autres variables telles qu’apport énergétique total, niveau d’activité physique, âge et origine ethnique.
La même année, l'analyse rétrospective d'autres études observationnelles, dont l'objectif initial n'était pas de tester l'hypothèse d'un lien entre calcium et adiposité, a permis de recueillir des données cohérentes avec les travaux de Zemel MB. En particulier, la publication de Davies KM. et al (2) établit, chez 348 jeunes femmes, une association négative entre la consommation de calcium et l’IMC (Indice de Masse Corporelle).

█ PRODUITS LAITIERS ET SYNDROME MÉTABOLIQUE

Un pas de plus fut franchi en 2002 avec la publication des résultats de l’étude CARDIA (3) ( Coronary Artery Risk Development in Young Adults), vaste essai prospectif portant sur 3 157 adultes âgés de 18 à 30 ans suivis pendant dix ans.

L’objectif de CARDIA était d’étudier l’influence de la consommation de produits laitiers sur l’incidence du syndrome d’insulinorésistance. Un protocole rigoureux permettait le recueil de données socio-démographiques et diététiques précises. On recueillait aussi des données comportementales (activité physique, tabagisme) afin d’analyser l’effet de la variable “consommation de produits laitiers” indépendamment de tous les autres paramètres. Les sujets bénéficiaient d’un suivi clinique et biologique incluant des mesures anthropométriques et l’analyse de leurs paramètres glucidiques et lipidiques.

L’étude CARDIA a mis en évidence une corrélation négative entre la consommation de produits laitiers et le développement à dix ans d'un syndrome d’insulinorésistance chez les sujets initialement en surpoids (IMC25 kg/ (m)2). En revanche, l'incidence du syndrome métabolique, faible chez les sujets minces (IMC < 25 kg/(m)2), ne différait pas selon les habitudes alimentaires.
Chez les sujets en surpoids, l’analyse des données a mis en évidence un effet “dosedépendant” de ces aliments. Par rapport aux sujets ayant la plus faible consommation (moins de dix produits laitiers par semaine), le risque de survenue d'un syndrome d'insulinorésistance est réduit de 44 % (odds ration = 0.56 [IC 95 %=0.34-0.92]) chez les sujets consommant entre seize et vingt-trois produits laitiers par semaine, et de 72 % (OR=0.28 [IC 95 %=0.14-0.58]) dans le groupe à plus forte consommation (supérieure ou égale à trente-cinq produits laitiers par semaine) (p<0.001). Cette relation négative décroissante entre consommation de produits laitiers et survenue d’un syndrome d’insulinorésistance existe pour toutes les composantes du syndrome (obésité, anomalies du métabolisme glucidique, dyslipidémie, hypertension artérielle). Elle est statistiquement significative pour toutes ces composantes, à l'exception de la dyslipidémie (figure 1).

FIGURE 1 : L’ÉTUDE CARDIA (3)
Incidence cumulée sur 10 ans des composantes du syndrome d'insulinorésistance par catégories de consommation de produits laitiers chez des sujets ayant un IMC initial > 25 kg/(m)2


█ APPORTS CALCIQUES, COMPOSITION CORPORELLE ET PROFIL LIPIDIQUE

L’étude canadienne de Jacqmain M. et al publiée en 2003 (4) confirme la relation inverse entre apport calcique et masse grasse. Elle apporte des arguments en faveur d’un effet bénéfique du calcium alimentaire sur le profil lipidique.
Dans ce travail reprenant les données de 235 hommes et 235 femmes ayant participé à la "Quebec Family Study", les auteurs ont constitué trois groupes selon le niveau d’apport calcique quotidien : < 600 mg ; de 600 à 1 000 mg ; > 1 000 mg. Après ajustement pour l’âge, l’apport calorique total, la fraction énergétique lipidique et protéique et le statut socio-économique, des différences significatives (p < 0.05) ont été mises en évidence entre le groupe des femmes ayant la plus faible consommation calcique et les deux autres groupes. Les différences concernaient le poids, l’IMC, le pourcentage de masse grasse, le tour de taille et l’adiposité abdominale. En revanche, aucun écart significatif ne distinguait les groupes d’hommes. Dans les deux sexes, les paramètres lipidiques (LDL-c,cholestérol total et rapport CT/HDL-c) étaient significativement corrélés (p<0,05) au niveau de consommation de calcium, le profil lipidique le plus favorable au plan cardiovasculaire étant associé à la consommation calcique la plus élevée.
Une méthodologie utilisant la même classification des sujets en trois groupes d'apports calciques et ajustée pour les même variables, a été utilisée pour l’analyse rétrospective de données issues de la National Nutrition Survey australienne (5). Ce travail publié en 2004 retrouve également une corrélation négative entre apports calciques, IMC et tour de taille.


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