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PUBLICATIONS
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OBJECTIF NUTRITION NUMERO SPECIAL (Novembre 2005) |
Dossier 2
Etudes d'intervention chez des sujets obèses
█ APPORTS CALCIQUES ET PERTE DE POIDS
La première publication montrant l'intérêt d'un apport calcique suffisant dans le cadre
d'un amaigrissement fut celle de Summerbell CD. et al (1998) (6). L'objectif initial de
cette étude randomisée en groupes parallèles visait à évaluer l'observance de différents
régimes alimentaires. Elle incluait 45 sujets obèses (IMC > 27 kg/(m)2) soumis pendant
quatre mois à l’un des trois régimes suivants : régime hypocalorique équilibré (apportant 810 kcal/j) ;
régime hypocalorique uniquement basé sur des produits laitiers (fournissant également 810 kcal/j) ; régime plus
riche (1340 kcal/j) associant au précédent régime lacté un aliment choisi par le patient.
À chaque jour de la semaine correspondait un aliment différent et le patient devait répéter la même séquence
pendant les seize semaines de l'étude. Les apports calciques correspondants étaient estimés à moins de 500 mg/j
dans le premier groupe et compris entre 1 500 et 2 100 mg/j dans les deux autres groupes.
Au terme de l'étude, les patients avaient respectivement perdu en moyenne 2,6 kg (régime hypocalorique "standard"), 8,2 kg (régime
hypocalorique lacté + 1 aliment au choix) et 11,2 kg (régime lacté) (figure 2).
FIGURE 1 : L’ÉTUDE CARDIA (3)
Incidence cumulée sur 10 ans des composantes du syndrome d'insulinorésistance par catégories de consommation de produits laitiers chez des sujets ayant un IMC initial > 25 kg/(m)2 |
█ LES NOUVEAUX TRAVAUX DE ZEMEL ET AL
En 2000, à l'occasion d’une étude clinique sur les effets anti-hypertenseurs du calcium chez des sujets afroaméricains
obèses, Zemel MB et al avaient également noté qu’une augmentation de l’apport calcique alimentaire de 400 à 1 000 mg/j était associée
à une perte de masse grasse de 4,9 kg sur une période d’un an (1). En 2004, cette équipe a alors mis en place une étude
interventionnelle (7) chez 32 sujets obèses (IMC compris entre 30 et 39,9 kg/(m)2) maintenus pendant vingt-quatre
semaines à un régime restrictif (- 500 kcal/j par rapport au régime initial) et randomisés en trois groupes : régime “standard” (apportant 400 à
500 mg/j de calcium) ; régime “enrichi en calcium” (base identique au précédent mais supplémentation calcique de 800 mg/j) ; régime riche en
produit laitiers (apportant naturellement 1 200 à 1 300 mg/j de calcium, la participation de l’apport lipidique, protéique et glucidique à
la ration énergétique totale restait inchangée). Le poids et le tour de taille des patients étaient mesurés chaque semaine.
Les résultats de ce travail (Tableau 1) permettent de conclure qu’une augmentation de l’apport calcique
induit une accélération significative (p < 0,01) de la perte de poids et de masse grasse liées à la restriction calorique.
Une donnée particulièrement intéressante réside dans l’effet de redistribution de la graisse corporelle avec une
diminution très marquée de l’adiposité tronculaire particulièrement néfaste aux plans métabolique et cardiovasculaire.
Les effets les plus marqués sont, dans cette étude, obtenus avec le régime riche en produits laitiers.
Zemel et al ont confirmé ces résultats en 2005 dans une étude de 12 semaines sur 38 patients obèses (8) (IMC compris
entre 30 et 39,9 kg/(m)2). Ils furent également soumis à un régime restrictif déficitaire de 500 kcal/j par rapport au
régime de base et randomisés en deux groupes, l’un “témoin” (pas plus d'une portion journalière de produit laitier, 400 à 500 mg de calcium/j), l’autre consommant quotidiennement trois portions
de yaourt écrémé (pour un apport calcique de 1 077 mg/j en moyenne). L’étude était menée en aveugle, les sujets du groupe témoin
consommant des desserts lactés “placebo”.
Dans le groupe “intervention”, la perte de poids a été significativement supérieure (en moyenne 6,63 kg versus
4,99 kg dans le groupe témoin ; p < 0,01) et de meilleurs résultats ont été obtenus sur la perte de graisse corporelle
(en moyenne 4,43 kg versus 2,76 kg ; p < 0,005) et la perte de graisse abdominale (en moyenne 3,16 kg versus 1,74 kg ; p < 0,005).
TABLEAU 1 : ETUDE DE ZEMEL MB ET AL, 2004 (7)
Effets à 24 semaines des différents régimes sur le poids et la graisse corporelle. |
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Régime standard |
Régime enrichi en calcium |
Régime riche en produit laitiers |
Perte de poids moyenne (en % du poids initial) |
6,4 ± 2,5 |
8,6 ± 1,1* |
10,9 ± 1,6** |
Perte moyenne de masse grasse (en % de la valeur initiale) |
8,1 ± 2,3 |
11,6 ± 2,2* |
14,1 ± 2,4** |
Diminution moyenne de l’adiposité tronculaire (en % de la perte totale de masse grasse) |
19,0 ± 7,9 |
50,1 ± 6,4* |
66,2 ± 3,0** |
* p < 0,01 versus régime standard. ** p < 0,01 versus régime enrichi.
QU’EN EST-IL CHEZ L’ENFANT ? |

Seules quelques études pédiatriques de qualité sont pour l’instant disponibles. À la
différence de celles réalisées chez l'adulte, leurs résultats ne sont pas tous concordants
comme l’illustrent ces deux exemples.
L’étude longitudinale de Skinner JD. et al (9) a porté sur 52 enfants suivis de l’âge de
2 mois à l’âge de 8 ans (mesures staturo-pondérales et recueil des habitudes diététiques).
Elle montre une relation inverse significative (p < 0,05) entre le pourcentage
de masse grasse déterminé par absorptiométrie à 8 ans et deux variables : le niveau
de consommation de calcium alimentaire et celui des acides gras polyinsaturés. Les
variables corrélées positivement à la masse grasse sont la consommation de lipides
et d’acides gras saturés, le sexe féminin, la sédentarité, l’IMC du père et le taux de
masse grasse de la mère. Enfin, l’étude indique que la consommation de calcium est
positivement corrélée à la variété alimentaire et négativement corrélée aux prises
de sodas et autres boissons sucrées.
En revanche, l’étude de Lappe JM. et al (10) sur 59 fillettes de 9 ans suivies pendant
deux ans ne retrouve pas de différence sur le poids, l'IMC et les taux de masse grasse
et de masse maigre entre un groupe contrôle (alimentation habituelle pour un
apport estimé à 961 mg/j de calcium) et un groupe suivant un régime nettement
plus riche en calcium (apport moyen de 1 656 mg/j principalement sous forme de
produits laitiers). Cependant, le régime alimentaire riche en calcium s’accompagne
d’une augmentation significative des apports en nutriments essentiels. Cette étude,
qui avait pour objectif de comparer l’effet des deux types d’alimentation sur le gain
pondéral chez des filles en début de puberté, conclut toutefois qu'un enrichissement
en calcium peut être proposé à cette période critique pour la constitution de la
masse osseuse sans crainte d’une prise de poids excessive. |

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